Le 3677 est le numéro national de signalement des maltraitances animales en France. Lancé le 24 juin 2024, il permet à toute personne témoin d’une situation de maltraitance de passer un appel pour obtenir une écoute, une régulation du signalement et une orientation vers le bon interlocuteur.
Ce numéro ne remplace ni le 17 ni les associations de protection animale. Il s’ajoute au dispositif existant pour raccourcir le délai entre le constat d’une maltraitance et sa prise en charge.
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Une ligne de signalement, pas un service d’intervention
Vous avez remarqué un chien enfermé dans une voiture en plein soleil, un chat visiblement blessé sans soins, un cheval amaigri dans un pré ? Le réflexe est de vouloir appeler un numéro « qui va intervenir ». Le 3677 remplit une partie de cette attente, mais pas toute.
Concrètement, le 3677 reçoit, analyse et oriente les signalements. Les informations sont recueillies selon une procédure définie. Chaque motif de signalement correspond à une fiche de procédure qui détermine l’interlocuteur adapté : associations habilitées, directions départementales de la protection des populations (DDPP), forces de l’ordre.
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La nuance est capitale : le 3677 n’envoie pas d’équipe sur place. Il n’a pas de pouvoir coercitif. Les suites concrètes (enquête, saisie d’animal, poursuites) relèvent des autorités compétentes et des associations partenaires. Présenter ce numéro comme un service d’intervention immédiate serait trompeur.

Signaler une maltraitance animale : appel ou formulaire en ligne
Deux canaux existent pour transmettre un signalement.
- L’appel téléphonique au 3677 : un téléopérateur pose des questions précises sur la situation, le type d’animal concerné, la localisation et le degré d’urgence
- Le formulaire en ligne sur le site 3677.fr : il permet de décrire la situation par écrit, avec la possibilité de joindre des éléments (photos, adresse exacte)
- En cas d’urgence vitale pour l’animal (ou de danger pour une personne), le 17 reste le numéro à composer en priorité. Le 3677 ne se substitue pas aux forces de l’ordre
Une fois le signalement enregistré, le dispositif l’oriente vers le bon interlocuteur. Le traitement varie selon le territoire et les moyens locaux disponibles. Un même signalement peut aboutir à une intervention rapide dans une zone bien couverte par les associations, ou à un délai plus long dans un département où les structures sont saturées.
Maltraitance active et maltraitance passive : périmètre couvert
La maltraitance animale ne se limite pas aux coups. Le 3677 distingue deux catégories de situations signalées.
La maltraitance active regroupe les violences physiques : coups, blessures volontaires, mutilations. Ces actes sont les plus visibles et souvent les plus faciles à documenter pour un témoin.
La maltraitance passive, elle, concerne les défauts de soins : absence de nourriture ou d’eau, animal laissé sans abri par des conditions extrêmes, absence de soins vétérinaires face à une blessure ou une maladie visible. L’abandon constitue aussi une forme de maltraitance prise en charge par le dispositif.
Les deux types concernent tous les animaux, qu’ils soient domestiques, apprivoisés, sauvages captifs ou tenus en captivité. Un chien, un chat, un cheval, un lapin d’élevage, un oiseau en cage : tous entrent dans le périmètre du 3677.
Sanctions pénales liées à la maltraitance animale
Signaler n’est pas anodin. La maltraitance animale est un délit en France. Les sanctions pénales existent et peuvent être lourdes, même si leur application dépend des suites données par la justice après enquête. Le 3677 peut servir de point de départ à une chaîne qui mène jusqu’au tribunal.
Limites du dispositif et saturation des structures d’accueil
Le 3677 est un dispositif récent. Inauguré mi-2024, il ne dispose pas encore d’un recul suffisant pour mesurer son efficacité à long terme. Les premiers mois d’activité ont permis de tester le dispositif, mais les résultats doivent être interprétés avec prudence.
La capacité de prise en charge après signalement dépend des moyens locaux. Orienter un signalement vers une association qui manque de places en refuge ne résout pas le problème de l’animal. La SPA indiquait en 2025 avoir recueilli près de 43 000 animaux et traité plus de 21 000 signalements de maltraitance. Ces volumes donnent une idée de la pression qui pèse sur les structures vers lesquelles le 3677 redirige les dossiers.
La saturation des refuges et des structures d’accueil en France est un facteur limitant. Un signalement peut être parfaitement traité par le 3677 et malgré tout aboutir à une impasse si aucune structure locale n’est en mesure de récupérer l’animal concerné.

Ce que le 3677 ne fait pas
- Il ne remplace pas un appel au 17 en cas de danger immédiat pour un animal ou une personne
- Il ne garantit pas une intervention sur place : il oriente vers ceux qui peuvent intervenir
- Il ne se substitue pas aux signalements directs auprès des DDPP, des associations locales ou des forces de l’ordre, qui restent des canaux complémentaires
Organisation et coordination du 3677
Le projet dépasse le simple numéro de téléphone. Le 3677 s’inscrit dans un projet plus large de prise en charge globale de l’animal en France. L’objectif est de centraliser les signalements pour mieux les répartir, éviter les doublons et accélérer les délais de traitement.
Les partenaires du dispositif incluent des associations nationales et locales de protection animale, des vétérinaires via un fonds de solidarité vétérinaire, et les autorités administratives compétentes. Ce maillage est la colonne vertébrale du 3677 : sans relais de terrain capables d’agir, le numéro perd une grande partie de son utilité.
Le 3677 reste un outil parmi d’autres. Son efficacité dépend directement des moyens alloués aux structures qui prennent le relais après chaque signalement. Un numéro national bien conçu ne compense pas le manque de places en refuge ou l’insuffisance de moyens des DDPP dans certains départements. C’est cette articulation entre signalement centralisé et action locale qui déterminera, dans les années à venir, la valeur réelle du dispositif.

